Dashcam et RGPD : flouter les plaques, partager légalement ses vidéos
Share

Votre dashcam tourne en continu et filme tout : plaques, visages, piétons. La plupart des conducteurs l'ignorent, mais ces images sont des données personnelles, encadrées par le RGPD. Bonne nouvelle : pour un usage privé, vous êtes tranquille. Tout se joue au moment où vous décidez de partager une vidéo.
Usage personnel : aucune déclaration CNIL. Avant toute diffusion publique, floutez les visages et les plaques, sous peine de 45 000 € d'amende. Transmettre la vidéo à votre assureur ou à la police reste autorisé, sans floutage.
Dans cet article
- Une dashcam filme-t-elle des données personnelles ?
- Usage personnel ou diffusion publique : la règle qui change tout
- Puis-je envoyer ma vidéo à l'assurance ou à la police ?
- Comment flouter visages et plaques avant de publier
- Les bonnes pratiques RGPD au quotidien
- Quelle dashcam pour gérer ses vidéos facilement ?
- FAQ
Une dashcam filme-t-elle des données personnelles ?
Oui. Un visage ou une plaque d'immatriculation permet d'identifier une personne, directement ou indirectement. Au sens de l'article 4.1 du RGPD, ce sont donc des données à caractère personnel. La CNIL confirme qu'une plaque entre dans cette catégorie.
Cela ne rend pas la dashcam illégale, loin de là. Le RGPD prévoit une exception pour les activités strictement personnelles ou domestiques (article 2.2.c). Tant que vos vidéos restent privées, sur votre carte SD ou votre ordinateur, vous n'avez aucune déclaration à faire à la CNIL, et aucune formalité à remplir. Pour le cadre général de la légalité, voyez notre article sur la dashcam et la loi en France.
Usage personnel ou diffusion publique : la règle qui change tout
Tant que la vidéo reste privée, vous êtes libre. Dès que vous la diffusez publiquement, sur YouTube, TikTok ou un groupe Facebook, vous devez flouter tous les visages et toutes les plaques, ou obtenir l'accord des personnes. Sinon, vous engagez votre responsabilité.
La sanction n'est pas symbolique. Publier une séquence où des tiers sont reconnaissables, sans floutage ni consentement, relève de l'atteinte à la vie privée prévue par l'article 226-1 du Code pénal : jusqu'à 45 000 € d'amende et un an d'emprisonnement. Ajoutez à cela le risque de diffamation si la vidéo s'accompagne de commentaires accusateurs. Une dashcam sert à vous protéger, pas à transformer la route en tribunal public.
Puis-je envoyer ma vidéo à l'assurance ou à la police ?
Oui, et sans flouter quoi que ce soit. Transmettre votre vidéo à votre assureur, aux forces de l'ordre ou à la justice dans le cadre d'un accident repose sur l'intérêt légitime, l'une des bases légales prévues par le RGPD. Le floutage ne concerne que la diffusion au grand public.
C'est une distinction capitale : la même vidéo qui serait illégale sur les réseaux sociaux est parfaitement recevable dans votre dossier d'assurance. Pour savoir comment l'exploiter au mieux après un accrochage, lisez pourquoi votre assureur considère la dashcam comme un allié.
Comment flouter visages et plaques avant de publier
Anonymiser une séquence prend quelques minutes. Voici la marche à suivre.
- Récupérez le fichier original. Transférez la vidéo de la carte SD vers votre smartphone par WiFi, ou vers un ordinateur, sans la compresser.
- Floutez chaque élément identifiable. Utilisez une application mobile ou un logiciel de montage avec un outil de floutage suivi. Passez sur tous les visages et toutes les plaques, y compris à l'arrière-plan.
- Vérifiez image par image. Un visage net une demi-seconde suffit à identifier quelqu'un. Contrôlez les passages où des piétons ou des véhicules approchent.
- Coupez le son si besoin. Une conversation captée dans l'habitacle peut poser problème : supprimez la piste audio avant publication.
- Publiez sans accusation nominative. Décrivez les faits sans désigner ni insulter le conducteur filmé, pour éviter tout grief de diffamation.
Les bonnes pratiques RGPD au quotidien
Quelques réflexes simples vous gardent en conformité sans y penser :
- Laissez l'enregistrement en boucle actif. La caméra écrase automatiquement les anciennes vidéos : vous ne conservez pas des heures d'images inutiles de la voie publique.
- Supprimez les séquences non pertinentes. Ne gardez que les vidéos liées à un incident réel.
- Désactivez le micro par défaut. Vous éviterez d'enregistrer des conversations privées.
- Apposez un petit macaron d'information sur le véhicule. Ce n'est pas obligatoire pour un usage privé, mais c'est une bonne pratique recommandée.
- Ne filmez pas les espaces privés. Réglez l'angle pour viser la route, pas les jardins ou les entrées d'habitation.
Un cas mérite une vigilance particulière : l'usage professionnel. Si vous êtes chauffeur VTC, taxi ou gestionnaire d'une flotte, vous sortez du cadre domestique et devenez responsable de traitement au sens du RGPD. Vous devez alors informer clairement les personnes filmées, notamment vos passagers, définir une finalité précise, limiter la durée de conservation et pouvoir répondre à une demande d'accès ou de suppression. La base légale reste l'intérêt légitime, mais l'obligation d'information devient incontournable, par exemple via une signalétique visible dans l'habitacle.
Quelle dashcam pour gérer ses vidéos facilement ?
Pour respecter le RGPD sans effort, le WiFi et une application mobile changent tout : vous récupérez la bonne séquence en quelques secondes, vous l'envoyez à votre assureur ou vous la floutez avant partage, sans démonter la caméra. Voici deux modèles connectés de notre sélection.

Surveillance 2K, WiFi et application mobile. Vous transférez et partagez la bonne séquence depuis votre smartphone, sans toucher à la carte SD.

Double objectif 4K, WiFi et GPS. Des images nettes et horodatées, faciles à récupérer sur smartphone pour les transmettre ou les anonymiser.
Filmez la route en toute conformité
Une caméra embarquée connectée, et vos vidéos restent simples à gérer et à partager légalement.
Découvrir nos dashcams voiture →Livraison gratuite en France · Paiement sécurisé
Questions fréquentes
Dois-je déclarer ma dashcam à la CNIL ?
Non, pas pour un usage strictement personnel. Le RGPD prévoit une exception pour les activités domestiques, donc aucune déclaration n'est requise. L'obligation change pour un usage professionnel, comme un VTC, un taxi ou une flotte d'entreprise.
Faut-il flouter la vidéo pour l'envoyer à mon assureur ?
Non. La transmission à votre assureur, à la police ou à la justice dans le cadre d'un sinistre repose sur l'intérêt légitime. Vous pouvez envoyer les fichiers originaux non floutés. Le floutage ne concerne que la diffusion publique.
La plaque d'immatriculation est-elle une donnée personnelle ?
Oui. La CNIL considère qu'une plaque permet l'identification indirecte d'une personne au sens de l'article 4.1 du RGPD. Elle doit donc être floutée avant toute diffusion publique, au même titre que les visages.
Puis-je publier une vidéo de dashcam sur les réseaux sociaux ?
Oui, à condition de flouter tous les visages et toutes les plaques identifiables. Publier une séquence brute expose à des poursuites au titre de l'article 226-1 du Code pénal, soit jusqu'à 45 000 € d'amende et un an d'emprisonnement.
Puis-je enregistrer le son dans l'habitacle de ma voiture ?
C'est déconseillé. Enregistrer une conversation sans informer ni recueillir l'accord des personnes peut constituer une atteinte à la vie privée. Le plus simple est de désactiver le micro de la dashcam par défaut.
Dois-je signaler la présence de ma dashcam ?
Pour un usage personnel, ce n'est pas obligatoire, mais un macaron d'information sur le véhicule est recommandé. Pour un usage professionnel ou avec des passagers, l'information des personnes filmées devient une obligation.